Clara Barbier-Serrano
Dès le plus jeune âge, Clara Barbier Serrano apprend à chanter “buvons un coup ma serpette est perdue” sur un maximum de voyelles, diphtongues et triphtongues différentes. Il lui faut ensuite dix ans au conservatoire de Montpellier pour découvrir l’impossibilité de reproduire ce phénomène sur un violon, et décider de partir étudier le chant lyrique à Paris, Leipzig, Londres, puis Paris à nouveau. Au cours de ses voyages, elle trouve des gens très érudits qui l’aident à faire des vrais “A”, “I” et “O”, puis des faux “A”, “I”, etcetera. Résultat : elle tombe follement amoureuse de la poésie et décide que le Lied et la Mélodie seraient pour toujours son répertoire de cœur. Depuis 2021, elle forme un duo avec la pianiste Joanna Kacperek, et, à défaut de trouver d’autres lieux où se produire, elles s’inscrivent à de multiples concours internationaux. Ensemble, elles perdent, voyagent, participent à des plateformes plus alternatives comme Liedinnovation ou Lied the Way, et finissent par gagner des prix dans ces fameux concours internationaux comme Wigmore Hall Song Competition, Wolf Wettbewerb Stuttgart, Concours de musique de chambre de Lyon en 2024 et 2025. Alors que Le Lied et la Mélodie remplissent son âme, c’est un besoin irrésistible de physicalité qui pousse Clara sur la scène d’opéra. Elle se retrouve assez naturellement dans des personnages extrêmes comme la Reine de la Nuit de Mozart (2021, Royal College of Music, Oxford Opera company), le Controller (Flight de Jonathan Dove, Royal College of Music 2022), ou Olympia (Les Contes d’Hoffmann, Neuchâtel 2020) mais aime aussi donner corps et caractère à des premiers rôles féminins comme Rodelinda (Händel, RCM 2021), La Petite Sirène (Régis Campo, tournée Opéras du Sud et ARCAL) ou Elisabeth (Les Enfants Terribles, Glass, Sevilla 2025).
Comme ses principes de vie se reflètent très rarement dans les répertoires anciens, c’est vers les musiques contemporaines et de création que Clara se tourne pour nourrir son esprit : les onomatopées ludiques de l’enfance s’y révèlent enfin dans leur utilité la plus complète. Ces derniers temps, elle crée et interprète beaucoup de pièces de et avec des personnes fascinantes comme Martin Matalon, Anne le Bozec, et collabore avec des ensembles comme L’ensemble Écoute ou Le Balcon. En 2025, son premier CD Woven Words, les “mots tissés”, est dédié à ses amitiés et admirations musicales, gardant toujours à coeur les liens entre les mots et les sons. photo ©Marine Cessat-Begler